> Au carrefour des cultures
Par sa position géographique aux confins du pays des Carnutes, des Sénones et des Parisis, Etampes a toujours été une zone d'échange et de confrontation des cultures et l'objet de toutes les convoitises des Gaulois aux Carolingiens. Située au croisement de deux grands axes : axe royal nord-sud entre Paris et Orléans et axe religieux est-ouest entre Sens et Chartres, la ville s'est trouvée au cœur du domaine capétien, en un point stratégique. Le nom de "CASTELLVM STAMPIS " (château d'Etampes) relevé sur le monnayage de Raoul (1), atteste la présence d'un château dès le Xème siècle. Les rois apprécient notre vallée, leurs séjours, fréquents, sont certifiés par les nombreux actes passés à Etampes, de Robert le pieux à Louis VII. Robert y fait édifier la collégiale Notre-Dame puis l'église Saint-Basile. Son épouse, la reine Constance y fait construire un palais, dit palais du séjour ou des quatre tours, dans la ville basse, à l'emplacement de l'actuel palais de justice. Cette partie de la ville prend alors le nom d'Etampes-le-Châtel ou encore Etampes-les-Nouvelles par opposition à Etampes-les-Vieilles (Quartier Saint-Martin). Domaine royal Carolingiens/Robertiens - Raoul (923- 936) Denier d'Etampes- CRATIA D-I REX R/XSTAMPIS CATELLI Collection Gérard Niquet .
Naissait le château royal d'Etampes
Le donjon dominant la cité, actuelle tour de Guinette, est érigé entre 1130 et 1150 . Louis VII en serait donc le commanditaire, répondant au besoin d'imposer son autorité à des seigneurs belliqueux et de protéger le domaine royal. Aux prises avec les comtes de Blois, il y développa également le commerce en instituant la foire Saint-Michel à l'instar des foires de Champagne créées par Thibaut IV dont il épousa la fille. Philippe Auguste fait construire dans la fin du XIIème siècle une première enceinte carrée flanquée de quatre tours. Un pont ou une passerelle reliait alors le donjon au sommet de cette "chemise ", ce qui en sécurisait l'accès. Une deuxième enceinte carrée, également flanquée de quatre tours, fut ajoutée. Une dernière enceinte au lignes brisées adaptée au terrain naturel et à ses déclivités terminait l'ouvrage. Outre les fortifications dont nous venons de parler, diverses constructions ont occupé l'espace pour le rendre habitable. Pour fantaisiste qu'elle soit, la miniature des très riches heures du duc de Berry (1410-1415) montre à l'évidence une multitude de bâtiments adossés aux enceintes ou disposés entre elles. 
Une des Colonnes du deuxième étage du donjon. C'est par comparaison avec des colonnes semblables sur la cathédrale de chartres et la basilique de Saint Denis que MM. Pierre ELIOT et Pierre ROUSSEAU ont pu dater avec précision le donjon d'Etampes.
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