C'est durant la fronde qu'Etampes devait subir le siège le plus dévastateur de son histoire. Démantelé depuis Henri IV, le château n'y jouera qu'un rôle secondaire. L'armée des princes (c'est à dire des frondeurs) commandée par le comte de Tavannes pénètre dans Etampes le 23 avril 1652, ce sont plus de 9000 hommes qui investissent alors la ville. Pour surveiller les environs et d'éventuels mouvements de troupes, on place un guetteur au sommet de l'ancien donjon ainsi transformée en vulgaire tour de guet. Le maréchal de Turenne arrivé à la tête des troupes royales y fera tirer quelques coups de canon, en pure perte, la vieille tour est encore solide et l'enjeu bien trop faible. S'ils délaissent le château, désormais inutilisable d'un point de vue militaire, les assiégés renforcent considérablement les fortifications de la ville, rasent les maisons situées trop près des remparts et tiennent ainsi en échec l'armée du roi pendant un mois et demi. La ville résiste ! elle résiste même très bien malgré les violents assauts tentés par Turenne comme en témoignent les mazarinades qui circulent alors à Paris même s'il faut évidemment relativiser la valeur de ces propos partisans : or les soldats des deux parties falsoient parroiste leur valeur, ou lls estoient animez par le courage de leurs chefs :mais si il a esté bien attaque, encore mieux défendu. Les assiégez avant fait un feu continuel, s'estant servis outre leurs armes ordonnaires de huit cens faux emmanchées â l'envers qui ont fait une horrible boucherie de tout ce nul s'est rencontré devant eux, & a mesme-temps du dernier assaut le comte de Tavanne estant sorty avec huict cens chevaux Il a chargé les ennemis par derrière si â propos que toute l'Infanterie de l'armée mazarlne. Il n'est reste que douze cens hommes,la plupart blessez, en estant demeuré sur la place près de trois mil cinq Cens

Gravure de Chatillon 1648.
La résistance est telle que Turenne lève le siège le 7 juin en laissant derrière lui une ville totalement ruinée et vide d'habitants. Les épidémies qui suivent, finissent de décimer ce qui reste de population. La meurtrissure est grande et il faudra longtemps, très longtemps à la ville pour effacer les traces de cet épisode
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