Page en cours de chargement

S. LIBRIS
libris.JPG

S.LIBRIS La base de données
bibliographique étampoise.
 
Côté images
 Divers
 La plaine
 La ville
 Le coin du flaneur
 Les vallées
 
Côté histoire
+ Le château
 
Côté découverte
+ L'Hôtel Dieu
+ Le travail des hommes
+ Randonnées
 
Côté livres
 
Côté nature
 
Recherche




 
Lettre d'information
Pour avoir des nouvelles de ce site, inscrivez-vous à notre Newsletter.
S'abonner
Se désabonner
531 Abonnés
 
Visites

 251568 visiteurs

 5 visiteurs en ligne

 
Bienvennue sur Stampae

font size="3">
Des morts sans importance

pancarte.jpgSur la porte du cimetière, la pancarte signale au visiteur les travaux que la ville réalise. «Une ville de Respect» voilà une jolie phrase, respect est un mot que j'aime.
Juste au dessus, un autre mot interpelle: «Autonomes». Je sais bien ce que signifie autonome, mais associé au mot caveaux, l'ensemble a quand même de quoi surprendre.

Un peu plus haut encore, la phrase est écrite dans des caractères plus petits, elle oblige à s'approcher un peu pour lire : «carré des personnes indigentes».
Alors, il y a ce petit pincement que l'on a quand on a peur de comprendre. L'accumulation de tous ces mots prend soudain un sens, un sens qu'on aurait voulu peut-être ne pas saisir.
Ces ..indigents ?? Ce sont bien ceux qui n'ont rien... qui n'ont jamais rien eu parce que privés de travail, privés de logement, privés de famille, privés de vie tout simplement, serait-ils aussi privés de mort ?
Vivants, on voudrait les voir vite mourir et morts il faudrait qu'ils disparaissent plus vite encore. Alors on gomme, on gomme comme si personne n'était né et comme si personne n'était mort, on gomme les vies, les noms, les passés et surtout l'avenir.
Les indigents sont des déchets et ces caveaux «autonomes» que l'on appelait à leurs débuts des «caveaux à décomposition rapide», une merveille de la technologie moderne. Préfabriqués, certifiés norme NF104, étanche à l'eau et perméables à l'air, ils sont équipés, s'il vous plaît, d'un système épurateur des gaz de décomposition. Pour que «ça sente» pas trop autour. caveau.jpg
A ceux là donc, ceux à qui on avait promis le karcher, une poignée « d'accélérateur », et un bon coup de raclette au bout de cinq ans suffiront.
Ils sont morts. ENFIN ! D'une mort qui ne fait pas de mémoire. Ils disparaissent dans le silence, le même silence dont on a entouré leur vie misérable. La mort, comme une ultime forme d'exclusion. Ce que certains, dans une sorte de provocation qui n'a pourtant pas fait mouche, ont appelé :«la réinsertion les pieds devant».

Comme les autres villes, Etampes veut être une ville propre et une ville économe. Elle doit faire face aux frais d'inhumation de ces personnes que l'on va continuer à qualifier d'indigentes puisque le politiquement correct n'est encore pas allé jusqu'à elles pour en faire des personnes privées de moyens de vie.
La commune a le choix du mode d'inhumation, elle peut choisir aussi la crémation, peut-être plus digne en ce sens qu'elle n'a pas l'allure d'un traitement d'exception.
Mais face à la dépense, le choix est pourtant tôt fait. Il n'y a pas de petites économies, et puis... Même si le code pénal promet six mois de prison à qui donnera aux funérailles un caractère qui puisse être contraire à la volonté du défunt, qui se souciera de savoir s'il en avait seulement exprimé une ? Comprenez donc: Une cérémonie avec rituel coûte le double et c'est quand même pas pour ÇA qu'il faudrait augmenter nos impôts locaux.

Non, vraiment, je ne crois pas qu'Etampes fasse preuve de respect en construisant ces caveaux, elle est seulement pragmatique. C'est moins joli je sais, mais c'est sûrement plus près de la vérité. Les mots sont souvent trompeurs, surtout remarquerez-vous, ceux qui sont écrits en plus gros.

Les étampois me rétorqueront-ils eux aussi qu'il vaut mieux s'occuper des vivants ?
Peut-être parce que cela remet un peu trop violemment en cause les résultats obtenus par les associations de réinsertion, peu de gens ou d'associations, en dehors d'Emmaüs France, se sont scandalisés de ce traitement post-mortem de la misère. Il est pourtant révélateur de la façon dont-on peut vider de leur sens des mots comme fraternité ou égalité.
La charité et la compassion ne sont quant à eux, pas de ceux dont je puisse m'accommoder, je les trouve même franchement détestables parce qu'ils ne font qu'ancrer la différence dans notre quotidien, jusqu'à en faire une sorte de tradition, un élément inamovible de notre culture.

Mais voila, à chacun son vocabulaire, et si tout cela vous laisse indifférent, on peut toujours dire: «c'est la vie» ou : «on y peut rien» . . . . . Et ne rien faire.


La mort nous appartient-elle encore ?

On a beaucoup parlé à une époque, des caveaux autonomes. C'était en 1992 je crois, date à laquelle la ville de Paris a décidé de doter le cimetière parisien de Thiais, où se trouve le carré 58 (carré des indigents), de 1800 caveaux «à décomposition accélérée» (nombre qu'elle envisagerait aujourd'hui de doubler) pour un investissement total de 26 millions de francs. Le groupe vivendi s'est très vite intéressé à l'affaire en rachetant la société qui fabriquait ces caveaux. Car c'est bien d'affaire dont il faut parler. Industrialisée, la mort des sans rien peut en effet se révéler juteuse (sans jeu de mots, excusez moi), c'est seulement une question d'organisation, de marketing diront-ils.

Et puis... il y a tous les autres, les autres mort j'entends. Nous entrons dans l'ère du papy boom et les cimetières manquent cruellement de place. Demain il faudra bien trouver des solutions pour caser toute cette population de cadavres encombrants. Plus seulement les pauvres, mais toute la classe moyenne à qui l'on demande seulement d'être productive. Alors, pourquoi ne pas généraliser la pratique des caveaux autonomes ? Pas prêtes, les mentalités ? Détrompez-vous. Paradoxalement, elles y sont sûrement mieux préparées qu'à la crémation et le reste n'est après tout qu'une question de communication. L'argument du raisonnable, la propreté, l'hygiène, la santé publique, l'environnement même, les.. «on peut pas faire autrement», et autres «y faut bien y passer», l'inéluctabilité de la chose en somme et les petits aménagements « pour garder le souvenir de l'être aimé », à quoi il ne faut pas oublier d'ajouter les 20% d'économie réalisés sur les frais d'obsèques, auront raison, croyez moi, de vos dernières réticences.

Vous me trouvez sans doute bien morbide ce mois-ci. Mais souvenez vous ! C'est moi, le mécréant qui a fini au gibet en haut d'Etampes, pendu au bout d'une corde, et becqueté par les corbeaux. C'est moi Lartifaille qui vous le dit, en parodiant un autre bien plus célèbre que moi :
Frères humains, qui après nous vivez...c'est votre humanité qui pourrit au fond de ces fosses.

Pour aller un peu plus loin:

Voir :
(entre autres) le site « Asile de nuit » d'ARTE
http://archives.arte-tv.com/fiction/angeendanger/ftext/html/danslarue.html

Lire :
« A la rue » par Gilles Ducasse, président de la Friperie Solidaire d’Emmaüs France à Alfortville

 
Les 8 dernières nouvelles

Ces nouvelles sont disponibles au format standard RSS pour publication sur votre site web.
http://www.stampae.org/data/newsfr.xml



Histoire de - par François JOUSSET le 22/09/2007 - 16:58

HISTOIRE DE...


"Quand je ne serai plus, ils n'ont pas fini de déconner. Ils me connaîtront mieux que moi-même", disait Jacques Prevert.
Ce que le poète prêtait aux critiques littéraire, biographes et autres auteurs de rubriques nécrologiques, n'est ni nouveau, ni unique. Il en va un peu de même avec les historiens qui, dans leur quête de la « vérité historique », finissent par se livrer des batailles d'experts dont on se demande si elles n'émanent pas de la volonté de spécialistes de rendre les choses inaccessibles au commun des mortels - comprenez: vous et moi.

Cette recherche de la vérité qui guide nos érudits est souvent bien éloignée de la recherche de la réalité. Celle que l'on ne trouve pas dans les livres ou les manuscrits, dans la pierre ou les vestiges archéologiques. La réalité, ce quotidien des gens ordinaires n'en est pas moins l'histoire. Chaque femme, chaque homme a son vécu, son histoire bien à lui et l'histoire d'une communauté est l'assemblage complexe de toutes ces petites histoires individuelles et successives que l'on se transmet d'une génération à l'autre. Elle est faite de religion mais également de superstitions, d'intérêts collectifs mais aussi de manoeuvres individuelles, de l'autorité des gens de pouvoir mais encore de la bonne ou mauvaise volonté du peuple, de la loi et de l'ordre tout comme des tricheries et des tromperies en tout genre. Elle est faite de règlements et d'actes d'une administration soucieuse de tout régenter, aussi bien que de traditions, de rites et d'usages transmis mais jamais écrits.

Ce qu'il peut y avoir d'intéressant dans l'histoire n'est pas toujours ce que peuvent nous en livrer les historiens. La description d'un siège, les dates ou le nom des protagonistes, ne font que dresser un décor dans lequel évoluent des assiégés. De la lutte pour la survie, des biens que l'on met à l’abris des convoitises, des maladies et épidémies, des échappatoires d'une cave à l'autre qui laisseront dans la mémoire collective le souvenir de souterrains traversant la ville, tous ces éléments de second plan sont la réalité.

Ce n'est pas tant non plus l'évocation d'un résistant dont la ville a fait un héros qui pourrait suffire à décrire Etampes sous l'occupation. L'histoire aussi a sa censure. Certes, le courage fait partie de l'histoire, la lâcheté aussi. Ce que nous voulons que l'histoire retienne, nous le choisissons soigneusement, comme on ferait le montage d'un film de rétrospective. Le filtre de l'histoire a toujours été de mise. La rigueur scientifique de l’historien bannissant le mensonge, il fonctionne par omission. Etampes a traversé le temps, les guerres, les occupations, les révolutions, en s'accommodant bien volontiers du régime en place, fut-il celui de Vichy. Le Beauceron est, n'est ce pas, un taiseux. Alors il faut bien de temps à autre, lui donner un héros pour qu'il se dise qu'il est courageux, vanter sa cité « royale » pour qu'il se dise qu'il est important et qu'il a de la chance d'habiter une si jolie ville. L’histoire se travestit pour assurer la cohésion sociale du groupe . Elle est UNE vérité, mais elle n’est plus LA vérité et encore moins la réalité.

Ce n'est pas enfin, pour revenir à une actualité toute stampienne, la description d'une scène sculptée, son ancienneté comme gage de valeur historique qui importe, que le sentiment de l'artiste qui lui a donné naissance ou celui qu'elle inspire au fidèle passant sous l'arcade. Déchiffrer le tympan de l'église saint Basile est un travail remarquable et essentiel pour la compréhension de l'histoire de notre ville. La bataille des experts à laquelle nous assistons pour faire valoir « sa » vérité n'est pas étonnante en soit. Mais la réalité n'est-elle pas que le temps achève la destruction de ce vestige dans l'indifférence générale, à commencer par celle de nos élus ? Ce vestige unique n'a t-il pas encore totalement disparu que l'on se querelle comme on se dispute un héritage sur un cadavre encore chaud.
Le rôle de l'historien est-il d’être le fossoyeur du présent ?
Après la lente destruction de l’hôtel Dieu, l’oubli rendu au donjon de Guinette, le bricolage de la porte Bressault, l’étude bâclée des vestiges du rond point du petit caporal, la superbe ignorance des cavités mise à jour au pied de Notre Dame et qualifiées de «sans importance» avant même qu’une personne compétente ait eu le loisir de donner son avis, on serait bien tenté de répondre que oui. Je ne m'en étonnerais pas dans une ville ou l'histoire et le patrimoine n'ont que la valeur d'un faire valoir sur un prospectus.

Ce qu'il y a de vraiment intéressant dans l'histoire, c’est d’en être. Ce que nous ne pouvons pas découvrir dans les bibliothèques ou les musées il faut le dénicher dans sa propre mémoire, dans le souvenir des anciens, dans les noms des lieux, dans les méandres d'une mémoire ancestrale dont les égarements ou les mensonges sont tout aussi significatifs que la vérité elle même. La toponymie a cela de bien qu'elle n'apporte jamais de certitude et pour peu que le nom soit très ancien, elle laisse à chaque génération le soin d'y porter un regard neuf. En fin de compte, je crois qu’il manque à bien des historiens une chose essentielle : l'imagination.

Aller ! Puisque nous célébrons le trentième anniversaire de la mort de Jacques Prevert (qui appartient désormais à l'histoire) je ne résiste pas à l'envie de vous livrer une autre de ses citations en guise de conclusion :
« Il suivait son idée et il était surpris de ne pas avancer, oubliant qu’il s’agissait d’une idée fixe »
.

.../...


Camille Jousse, un pionnier de l'aviation. - par F.Jousset le 15/10/2006 - 20:35

Jousse_Challe.jpg
La biographie d'un pionnier de l'aviation, compagnon de Mermoz, aventurier infatiguable.

Mesnil Girault - par F.Jousset le 15/10/2006 - 20:34


Des morts sans importances - par F.jousset le 15/10/2006 - 18:51


 
Les articles
 
Chronique étampoise
Samedi
28
Janvier 2012

Bonne fête à tous les :
Thomas d'Aquin


C'était en
1986


 
Espace membres

 Nombre de membres 19 membres


Utilisateurs en ligne

( personne )
 
Calendrier

 
Webmaster - Infos
Ecrire à François JOUSSET  Webmaster
Ajouter aux favoris  Favoris
Recommander ce site à un ami  Recommander
Version mobile   Version mobile
 
^ Haut ^

  Site créé avec GuppY v4.5.11 © 2004-2005 - Licence Libre CeCILL

Page chargée en 0.19 seconde